APRÈS LA LETTRE OUVERTE

AUX FUTURE·ES DÉPUTÉES DE LA NATION

VOICI LEURS POSITIONS

Ce sont ces futur·es élu·es qui décideront de la politique des transports en Île-de-France pour les 5 prochaines années, et qui conditionneront donc la qualité et la sécurité de vos déplacements sur les différents réseaux et lignes au nom du service public.

Vous trouverez ci-dessous la position des 3 partis politiques qui ont répondu très rapidement à notre interpellation et dont les réponses apparaissent dans le document distribué aux usagers, les 3 jours précédents le premier tour des élections législatives, dans de nombreuses gares franciliennes.

D’autres n’ont visiblement pas pris le risque de s’exprimer sur la question avant ces échéances électorales.

Nous avons relancé à plusieurs reprises les différentes formations politiques concernées par les élections législatives.
Nous regrettons l’absence et le silence de certaines qui auraient pu contribuer ainsi à une meilleure approche démocratique pour les citoyen·nes.

Nous mettrons à jour ici les autres réponses qui pourraient encore nous parvenir.

Les positions

des partis politiques

Position de La France Insoumise
(au sein de la NUPES)

publiée dans le tract distribué

Les transports ferroviaires sont partie intégrante du projet de la NUPES pour atteindre la justice sociale et réussir la bifurcation écologique. Nous voulons reconstruire un pôle 100 % public des transports et de la mobilité autour de la SNCF, qui garantira un égal accès à tous les Franciliens. C’est un droit fondamental.

Le maintien de guichets et d’agents «humains» à toutes les stations est un impératif pour garantir cette égalité. L’augmentation du nombre de trains sur les lignes franciliennes est aussi une priorité ; elle s’accompagnera des recrutements nécessaires pour assurer un tel service.

Réponse fournie par Aurélie Trouvé,

Candidate NUPES/LFI

Position du Parti Communiste Français
(au sein de la NUPES)

publiée dans le tract distribué

Nos priorités sont la réduction des pollutions et le droit à la mobilité de tous.tes.
La mise en concurrence sera abandonnée et nous créerons un pôle public du transport autour des grandes entreprises publiques (SNCF, RATP, etc.).
L’amélioration des conditions de travail et de la qualité de l’accueil seront les piliers de ce pôle public qui garantira la présence systématique d’agents publics dans les gares et dans les trains.
Enfin, nous stopperons le projet de train des riches « CDG Express » pour donner la priorité aux usagers du quotidien en modernisant les lignes H, B, et K.

Réponse fournie par Jacques Baudrier,

Responsable commission mobilités du PCF

Nos priorités sont la réduction des pollutions (émissions de CO2 et particules fines) et le droit à la mobilité de tous.tes.

C’est pourquoi nous mettrons fin à la mise en concurrence des transports en commençant par abroger la loi de 2018 et en remettant en cause la règlementation européenne. C’est un préalable à toute reprise en main de l’offre de transport ferroviaire car aujourd’hui la mise en concurrence est devenue le principal objectif des directions des entreprises publiques, de l’État (qui reste leur actionnaire majoritaire) et d’Île de France Mobilités qui est dirigé par Valérie Pécresse et la Droite régionale. Pourtant, aucun de ces acteurs n’assume ses responsabilités et renvoi systématiquement sur d’autres institutions. Ainsi, à chaque fois que les administrateurs PCF du conseil d’administration d’Île-de-France Mobilités, Jacques Baudrier et Fabien Guillaud Bataille, exigent de la présidente la réouverture de guichets fermés, celle-ci renvoi la responsabilité vers la SNCF. C’est pourtant la principale justification des politiques d’économies budgétaires qui aboutissent inévitablement à une lourde dégradation du service public du fait des fermetures de guichet qui permettent d’informer et d’orienter les usagers.

Nous pensons qu’il faut développer une offre de transport de grande qualité pour convaincre les usagers de délaisser les modes de déplacements individuels les plus polluants. Et ce n’est pas la loi du marché, la concurrence et le dumping social qui permettront de répondre à cet enjeu majeur. C’est pourquoi nous créerons Pôle Public de Transport de Voyageurs qui commencera par réunir toutes les entreprises publiques (SNCF, RATP, etc.) et parapubliques (Keolis, Transdev, etc.) pour doter les collectivités d’un outil au service de l’intérêt général permettant à chacun, quel que soit le territoire dans lequel il réside, d’avoir accès à un moyen de transport correspondant à ses besoins. La qualité de ce service public reposera sur la garantie de présence humaine dans les gares et les espaces d’accueil. C’est pourquoi il sera nécessaire de mettre en place un socle social garanti de haut niveau pour l’ensemble des salariés du transport de voyageurs par route, métro et tramway, et ainsi mettre fin au dumping social et au moins disant social.

Cette reprise en main de l’exploitation sera accompagnée par une politique ambitieuse d’investissements publics massifs visant à moderniser l’offre existante et à la développer l’offre là où se trouvent les besoins pour donner la priorité aux projets qui améliorent les déplacements des usagers du quotidien. À l’échelle des lignes B, H et K, cela implique de relancer les études sur le doublement du tunnel Chatelet/Gare du Nord, solution qui permettrait d’améliorer la circulation des trains au Nord. Nous abandonnerons par ailleurs le projet de train des riches « CDG Express », dont les travaux actuels et l’exploitation future dégradent l’offre de transports sur le faisceau ferroviaire de Paris-Nord. Les équipes de SNCF Réseau pourront ainsi se concentrer sur la régénération des voies existantes, la mise en accessibilité des gares et la réalisation des interconnexions avec les futures stations du Grand Paris Express. Nous obligerons enfin les constructeurs et opérateurs à installer des dispositifs de captation des particules fines sur chaque train pour faire disparaitre à la source cette pollution issue du freinage des trains qui est à l’origine d’une grave pollution dans les espaces ferroviaires sous-terrain.

Ces propositions découlent du programme mobilités porté par Fabien Roussel durant la campagne des présidentielles et a été élaboré par la commission « mobilités » du Parti Communiste Français. Ce document est consultable depuis ce lien : www.fabienroussel2022.fr/pouvoir_se_d_placer_sans_polluer_
c_est_possible

> Télécharger le programme de Fabien Roussel pour les mobilités

Position du Parti Anticapitaliste
publiée dans le tract distribué

Le NPA se positionne contre toute ouverture à la concurrence du rail, en défense

du service public. Nous sommes pour un développement du ferroviaire, y compris du fret, pour la réouverture des « petites lignes », pour une politique de création massive d’emplois. Nous voulons un monopole public des transports, guidé par les intérêts de la population, qu’il s’agisse des salarié·e·s ou des usager·e·s, avec le principe de la gratuité, financée en prenant sur les profits des grande entreprises et en taxant les fortunes des plus riches. Nous soutenons les mouvements de cheminot·e·s et d’usager·e·s.

Réponse fournie par S. Julien

pour la direction du NPA

Position du Parti Communiste Français
(au sein de la NUPES)
La position du PCF ayant déjà été publiée dans le tract, cette réponse n’apparait que sur ce site internet.

Le transport ferroviaire est au cœur de notre projet de la bifurcation écologique et sociale de notre économie. Pour cela, nous allons lancer un plan massif de 200 milliards d’euros sur cinq ans pour investir, développer l’emploi et la formation, et rétablir des pôles publics dans l’énergie, les transports et la santé, gérés démocratiquement, afin de réindustrialiser le pays par des plans de filières au service de la bifurcation écologique. C’est dans ce cadre que notre programme partagé prévoie de développer les transports publics écologiques et de repenser la mobilité individuelle.

Réponse fournie par Gabriel Blasco,

Candidat NUPES/PCF

Madame, Monsieur, 

Candidat à l’élection législative des 12 et 19 juin sur la 7ième circonscription de l’Hérault vous m’avez interpellé par voie de presse dans votre « lettre ouverte aux futur(es) Député(e)s de la Nation ». Votre interpellation porte essentiellement sur les réformes de 2014 et 2018 portant sur l’entreprise publique de transport ferroviaire. Réformes qui, sans nul doute, préparent le double processus de privatisation et de mise en concurrence du transport ferroviaire en France et ce aux différentes échelles. Au cours de votre lettre, vous détaillez les risques majeurs de ces réformes en termes de qualité du service, de risques de dégradation de la sécurité tant pour les usagers que pour les cheminots. Je ne répondrai pas ici à l’énumération de tous vos arguments qui sont des plus pertinents et que je partage entièrement. Mon organisation politique a, par ailleurs, pleinement participé à la rédaction du seul bilan existant à ce jour (1) sur la privatisation de certains services publics à l’échelle européenne. Le constat est sans appel : perte d’efficacité du service, hausse spectaculaire des tarifs pour les usagers, forte dégradation des conditions sociales pour les salariés du secteur.

Le transport ferroviaire est au cœur de notre projet de la bifurcation écologique et sociale de notre économie. Pour cela, nous allons lancer un plan massif de 200 milliards d’euros sur cinq ans pour investir, développer l’emploi et la formation, et rétablir des pôles publics dans l’énergie, les transports et la santé, gérés démocratiquement, afin de réindustrialiser le pays par des plans de filières au service de la bifurcation écologique. C’est dans ce cadre que notre programme partagé prévoie de développer les transports publics écologiques et de repenser la mobilité individuelle :

  • Créer un pôle public des transports et de la mobilité, autour de la SNCF réunifiée et 100 % publique, afin d’assurer une égalité de service et d’accès sur le territoire, refuser l’ouverture à la concurrence des lignes ferroviaires.
  • Rouvrir les lignes ferroviaires du quotidien, augmenter le nombre de trains, maintenir des guichets physiques dans les gares
  • Engager un plan national de soutien massif au développement des transports collectifs (métro, bus, tram, tram-train, câble…) dans les grandes agglomérations
  • Garantir des tarifs accessibles et des mesures de gratuité ciblée (jeunes, précaires, etc.) et baisser la TVA sur la tarification des transports en commun à 5,5 %
  • Développer les transports publics à la demande hors des zones denses de transport public
  • Supprimer les lignes aériennes quand l’alternative en train est inférieure à trois heures
  • Favoriser l’usage du vélo : aménagement d’infrastructures cyclables sécurisées et de stationnement vélos, rendre obligatoire les stationnements vélos publics à proximité des gares et des services publics et les garages privés dans toutes les constructions et rénovations
  • Développer le partage de la voiture : soutenir les initiatives solidaires et des collectivités en faveur du covoiturage et d’auto partage
  • Renforcer les aides à l’acquisition de véhicules électriques, neufs ou d’occasion, en particulier pour les ménages modestes
  • Rendre obligatoire le forfait mobilité durable versé aux salariés – notamment pour le vélo – avec la possibilité de le coupler avec les abonnements de trains et simplifier et adapter au télétravail ses modalités de versement
  • Installer sur l’ensemble du territoire les systèmes de mise à disposition de parcs de véhicules à faibles émissions pour les ménages à faibles revenus
  • Adopter un plan ambitieux de développement du fret ferroviaire, du ferroutage et de report modal (cabotage maritime, fluvial et dirigeable)
  • Renationaliser les autoroutes en revenant sur les hausses de prix passées
  • Engager un plan spécifique de développement des transports collectifs en Outre-mer, quasi inexistants aujourd’hui, sur le modèle du projet de tram-train à La Réunion
  • Créer un dispositif de billet unique ouvert aux jeunes permettant d’accéder à l’ensemble des trains, transports en commun ainsi qu’aux vélos et voitures en libre-service du territoire français.

Ayant grandi dans la cité portuaire de Sète, c’est à travers les réalités de ma ville que je me suis éveillé aux grands enjeux sociaux et environnementaux. A l’échelle de la circonscription, le Port de Sète constitue un atout majeur pour une nouvelle logistique des transports répondant aux défis écologiques et à l’emploi. Moins de camions, plus de péniches, plus de fret sur les rails tels doivent être les objectifs. La liaison fluviale Rhin Rhône doit redevenir un projet naturel majeur.

Nous devons signaler l’inflexion positive qui a été prise par la direction du Port Sète-Sud de France et ce après plusieurs rencontres et luttes menées en partie par les citoyens, les associations et les syndicats : le développement du multimodal et le redémarrage du fret ferroviaire, le recentrement de l’activité sur la Zifmar, le déplacement de l’activité grands yachts, l’électrification des quais, les barges à hydrogène. Et donc, à l’échelle de la circonscription je m’engage à peser de tout le poids du Député pour poursuivre  les investissements vers la Zifmar pour y développer le ferroutage et le transport fluvial avec une vraie zone d’activité et d’implantations d’entreprises.

Parce qu’il ne saurait être question de porter une telle ambition avec des salariés fragilisés, je mettrai toute mon énergie à éradiquer l’emploi précaire dans la main d’œuvre portuaire.

Avec tout mon respect pour votre combat.
Gabriel Blasco
Candidat PCF-NUPES

Les effets de la libéralisation des services publics services d’intérêt général. Sous la direction de Pierre Bauby ; Marie-Pierre Vieu, Marie-Christine Vergiat. GUE/NGL Parlement Européen 2018. Consulter l’étude

> Télécharger la réponse de Gabriel Blasco